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 Une Lettre du Passé, par Albius Galmerade

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Caelius
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MessageSujet: Une Lettre du Passé, par Albius Galmerade   Sam 31 Déc - 15:56

Restée plus d'un siècle dans la bibliothèque de la famille Sedli, cette lettre a été recopiée avant que son original ne soit envoyé chez les Dernières Sentinelles. Elle n'est qu'une infime partie des correspondances conservées par la famille. Le parchemin est fortement jauni, les coins desséchés, il est à manipuler avec délicatesse. Un autre petit parchemin y est enroulé à l'intérieur, il s'agit d'une note de Caelius.

Note de Caelius XVI : Cette lettre s’adresse à mon aïeul, Caelius Sedli IXème du nom. Elle a été rédigée par Albius Galmerade, un riche Féca bourgeois de Bonta, qui était également un fidèle client de l’horlogerie Sedli. Convaincu que mon aïeul n’avait jamais voyagé (alors qu’il avait à l’époque vingt-trois ans d’exploration derrière lui) il a pris un grand plaisir à correspondre avec lui, décrivant chacun de ses voyages avec un engouement tout particulier.


Jidelor 6 Fraouctor 658

Cher Caelius,

Voilà maintenant deux semaines que j’ai quitté Bonta pour rejoindre les côtes Sufokiennes et me voici enfin arrivé à bon port. Que de péripéties durant ce voyage !

J’ai tout d’abord eu le plaisir d’enfin voir –de loin- l’île de cet alchimiste si renommé, Otomaï. Elle semble grandiose, notamment avec cet arbre (appelé Hakam, me semble-t-il) d’une taille démesurée et qui, de fait, domine tout le centre de ce monticule de terre. Vous auriez dû voir mon excitation face à cette merveille. J’étais comme l’un de ces enfants que les simples gens se plaisent à amener à la Foire du Trool. L’équipage du navire marchand dans lequel j’ai embarqué ne semblait guère plus émerveillé que cela… je ne comprends guère comment l’on ne peut se réjouir d’un tel spectacle, bien qu’ils aient coutume d’emprunter cette route maritime régulièrement. Que voulez-vous, les mœurs changent. A moins que la rareté de mes excursions hors de Bonta y soit pour quelque chose.
Les Douze nous ont offert une tempête d’une force effroyable lorsque nous avons approché les côtes Brâkmariennes. Nous devions faire escale dans cette cité infernale mais l’agitation des eaux était telle que, m’a raconté le capitaine, nous ne pouvions prendre le risque de heurter les récifs qui sont en fort grand nombre sur ces côtes. A mon grand soulagement, le bateau a finalement fait son escale dans un modeste port indépendant que nous avons atteint le lendemain. Deux jours après nous arrivions enfin à la cité des mers !

A l’heure où je vous écris je n’ai visité qu’une partie de la cité et les locaux se sont bien entendu chargés de me décourager en me précisant qu’il y avait évidemment des niveaux sous-marins. Les Steamers font une peuplade bien étrange. Même avec les années je n’arrive toujours guère à les comprendre… pour le peu que j’en ai croisé à Bonta.
La ville est bien loin d’être aussi imposante que notre cité blanche chérie. Mais son implantation directement dans la mer lui donne un charme incomparable. Je dirais qu’elle fait environ la moitié de notre ville, coupée d’Est en Ouest. Comme je vous l’ai dit précédemment, il y aurait tout autant à voir, si ce n’est plus, dans les niveaux inférieurs. Il semblerait que cela soit confirmé puisque beaucoup de bâtiments ont tendance à s’enfoncer, il faut souvent descendre des marches pour y entrer.
Nous sommes arrivés par le grand port de Sufokia. Il y avait des dizaines et des dizaines de bateaux de toutes provenances mais également des machines Steamer qui semblaient capable d’aller sous l’eau. Elles crachent une vapeur si dense que lorsqu’elles fonctionnent toutes en même temps, dit-on, le port est pris dans une brume épaisse pour plusieurs heures ! Aussitôt le pied mis à terre, me voilà totalement dépaysé. Les murs dont décorés de fresques aux motifs marins : poulpes, vagues, machines… Et les célèbres tissus sufokiens tendus par d’habiles jeux de cordes viennent protéger les pêcheurs et poissonniers qui se rassemblent autour des étalages garnis de tant de variétés que ma mémoire vient à me faire défaut. Puis, m’enfonçant dans la ville en allant vers le Nord, au fil des rues et des pontons, mes yeux détaillant chacune de ces constructions cubiques et ornées de peintures paraît-il très vieilles, je finissais par aboutir sur ce que l’on pourrait appeler l’ensemble d’îlots principal. Il est à noter que l’art sufokien s’est peu à peu transformé par rapport à ce que l’on m’avait vendu. Je mets cela sur le compte du fort développement de la civilisation Steamer. En plus des fresques que je vous ai déjà décrites, nous trouvons aussi beaucoup de sculptures de savants Steamers ou bien certains assemblages de machines qui semblent n’avoir que pour seul rôle celui de décorer. On vante même la beauté d’un simple assemblage d’anneaux qui forment une sphère. Cela montrerait la rotation des planètes. C’est impressionnant, mais de là à en faire de l’art… J’ai bien peur de ne plus tout comprendre !
 Quelle surprise lorsque j’ai compris que Sufokia ne possédait point de place centrale ! Les bâtiments les plus importants sont rapprochés, mais ils restent séparés en petits îlots de pierre reliés par des ponts… Ah, mon cher Caelius… Si vous saviez… l’originalité d’architecture pour une banque est sans limites ! La banque sufokienne, lorsqu’elle est de face, prend une forme de T alors que le corps supérieur est bombé sur les côtés, la partie inférieure est parfaitement droite. Il semble que cela reproduise un visage à la façon de certaines statues cylindriques que l’on voit ressortir de l’eau çà et là. J’étais fort amusé de voir que ce qui pouvait s’apparenter au nez de la statue était fait d’un gigantesque kama !
Je me suis trouvé une auberge au cachet parfaitement sufokien. Comme beaucoup de bâtiment, je suis entré en descendant. Le hall d’entrée est d’une forme quadrangulaire, il est en grosses pierres tout à la façon de sufokia et couvert de motifs de vagues bleues ondulant. Au fond de la pièce un gigantesque poulpe étendant ses tentacules et représenté. De part et d’autre de la salle on accès à des couloirs aux plafonds ornés de canalisations. J’ai compris qu’il s’agissait d’un système pour faciliter l’entrée de l’air et évacuer l’eau car nous étions effectivement sous la mer. Lorsque j’ai été conduit dans ma chambre j’ai eu le plaisir de voir que les couloirs étaient percés d’épais hublots qui pouvaient laisser admirer les profondeurs marines. Ma chambre en possède un également. J’espère fort qu’il ne lâchera guère dans la nuit…
Il se fait tard, j’ai encore beaucoup à vous raconter mais je ne m’en sens pour l’instant plus la force. J’ai prévu demain de visiter le grand sanctuaire d’Oktapodas. Je vous raconterai cette expédition, croyez-moi !

En espérant que tout va pour le mieux à Bonta, saluez votre dame et vos enfants pour moi,

Votre ami,
Albius Galmerade.

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